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8 juin — Le génie du briquet / l'or bleu

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On trouve partout chez les commerçants des briquets dotés d'une diode, qui permettent d'avoir assez de lumière pour trouver une serrure pendant les coupures de courant. Sur certains l'ajout d'un filtre permet de projeter un portrait : ici, celui de Hassan Nasrallah, plus jeune, sur le plafond de la cuisine. --- J'ai lu dans une dépêche de possibles négociations entre Israël et la Syrie : le Golan contre la paix. Ce que ça évoque ici pour un ami : s'il n'y a plus d'eau à prendre dans le Golan, il faudra bien la prendre quelque part ; il resterait donc les fermes de Chebaa, et... le sud du Liban. Des négociations avec la Syrie permettraient d'isoler plus facilement le Hezbollah de l'Iran... Les gens d'ici parlent moins de Hezbollah que de "résistance", ce qui met sur le même front ceux du mouvement Amal, les communistes, et d'autres. La question de l'eau : on n'en parle guère, me semble-t-il – et c'est plutô...

4 juin — Les grandes copines

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Elles sont venues en attendant l'heure du bus, Hima et Nawal, et elles ont d'abord eu peur de déranger. C'est le dernier jour avant la "retraite" qui précèdent les examens, un jour pas comme les autres où elles sont sorties en avance. Si l'on accorde cette semaine de révision dans toutes les écoles, c'est aussi parce qu'on semble considérer qu'il faut apprendre par coeur un programme, et que cela demande du temps. On voit souvent des adolescents, sur le pas de la porte, marcher en cercles, un livre à la main. Depuis plusieurs mois, tous les matins d'école, elles attendent Côme, dans leur blouse bleue, sur le parking de l'école où nous laissons la voiture - ou parfois au pied de l'immeuble ; toujours une fleur, une sucrerie (qu'il ne mange pas, et qu'on a fini par stocker dans un plastique), un sourire et quelques mots en français pour demander un bisou. Heureusement qu'elles se sont imposées : on finissait certains mat...

3 juin — Un bruit dans le ciel

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On s'y met nous aussi : quand on les entend, on lève la tête, on se demande pourquoi ils sont là, ce qui se prépare, et on se demande si on en parlera dans les postes de télé, de radio, sur les sites Internet consacrés... On verra que non, et pourtant c'est devenu très régulier, ces derniers temps, les avions dans le ciel.

2 juin — Prévenez les enfants

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Les Terminales et Premières sont en "retraite" (ils ont une semaine pour réviser avant les épreuves écrites). Pour ceux qui viennent encore passer des oraux blancs, j'apporte une caméra. Cela me fait penser à apporter aussi l'appareil, pour photographier une des affiches de prévention contre les mines et les sous-munitions. L'espèce d'hémisphère, s ur le deuxième explosif (dans le sens de la lecture en partant du coin en haut à gauche), ressemble peut-être à l'objet suspect trouvé dans un chemin près de la rivière .

1er juin — The prison is open (Khiam)

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Pour passer de l'autre côté du château de Beaufort, il a fallu montrer patte blanche au check-point, mais l'ami chirurgien qui nous guide (et qui a passé une partie de la dernière guerre a opérer, nuit et jour) se porte garant. Suite aux précédentes visites au Château, mon nom est déjà enregistré. Véro quant à elle passe pour une libanaise. En allant vers la "porte de Fatima", on est à portée de champ du kibboutz, derrière la frontière d'ici invisible. Khiam est précisément le village en face de cette frontière. L'endroit est célèbre pour sa prison, transformée en centre de torture, pendant l'occupation du sud par Israël, puis en musée. Mahmoud nous raconte qu'un habitant de Nabatiye y est entré à 15 ans, en est sorti à 30. Qu'il soigne encore régulièrement une femme qui souffre des séquelles de torture. A l'entrée du village, les photos de martyrs à l'endroit où ils ont été tués ; régulièrement, les trous, rebouchés par...

31 mai — Ce qui nous regarde, ce que nous voyons

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Pour la première fois depuis notre arrivée je remarque, en fin d'après-midi, que, de la table en bois qui sert de bureau sous une fenêtre du salon, on a vue sur le château de Beaufort, éclairé par le couchant (entre les deux fils, sur la deuxième photo). Qu'est-ce qui nous regarde, de là-haut, que nous ne voyons pas ? Sans doute pas Georges Didi-Huberman , qu'on aimerait écouter parler de son livre (comme à Uzeste où il parlait d'Aby Warburg, si je me souviens bien, juste après François Corneloup dans une grange). Demain après-midi, il est prévu qu'on aille avec des amis dans la région de Khiam. Prévoir gilet, et papiers pour les check-points. Si ça pouvait nous défatiguer un peu... tension. Par exemple : l'immobilisation soudaine des yeux de S. en classe, en même temps qu'une vibration croissante, que les pieds perçoivent avant le ventre soudain inquiet - et soudain la stupeur : d'où me vient ce vertige absurde ? mais l'écarquillemen...

30 mai — Un réservoir / bukra inch'Allah

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Nisrine nous avait invités à deux reprises dans sa famille à Tripoli et dans la province d'Akkar, au nord. Elle m'a donné récemment un CD avec les photos stockées dans son appareil. Au cours d'une promenade, nous étions descendus dans un immense réservoir d'eau, vide alors : écho, impression d'être au fond d'une immense chasse d'eau, avec la menace (fantasmée) qu'elle se remplisse brutalement : Côme court d'un coin à l'autre, manque de disparaître dans une énorme conduite. Assez vite, il veut remonter. L'unique issue percée dans ce plafond est aussi la seule source de lumière. Tout semble rappeler qu'on est ici pas à sa place. Je ne sais pourquoi ça me fait aussi penser au Dépeupleur. Tout à l'heure, en sortant du dernier cours en 1ère S avant l'écrit , je croise dans la cour Achraf et Mustapha - à qui je propose une industrielle gaufrette au chocolat, et qui s'empresse de me donner du pain épicé, bien meilleur. Com...